Déclaration du Président exécutif de l’Association Mondiale pour le Développement à l’occasion de la Semaine du désarmement
Déclaration du Président exécutif de l’Association Mondiale pour le Développement à l’occasion de la Semaine du désarmement
La sécurité à l’épreuve de l’accumulation des armes
La sécurité est une responsabilité fondamentale des États. Elle suppose la capacité de protéger les populations, de préserver l’intégrité des territoires et de répondre aux menaces qui peuvent mettre en danger la paix et la stabilité. Mais notre époque nous confronte à une tension que la communauté internationale ne peut ignorer : comment garantir cette sécurité sans laisser l’accumulation, la prolifération ou l’évolution des armements produire elles-mêmes de nouvelles formes d’insécurité pour les peuples ?
La Semaine du désarmement place cette question au cœur de la responsabilité internationale. Des efforts considérables ont permis, au fil du temps, d’établir des règles de non-prolifération, de maîtrise des armements, d’interdiction ou de limitation de certaines armes et de contrôle de leurs transferts. Ces acquis témoignent d’une conviction essentielle : tout ce qui peut être techniquement développé ou militairement déployé ne peut être considéré comme acceptable sans mesurer les risques que cela fait peser sur l’humanité.
Cette exigence concerne les armes de destruction massive, mais elle s’étend également aux armes conventionnelles dont la circulation incontrôlée continue d’alimenter des violences, de renforcer des réseaux criminels et de fragiliser des communautés. Elle concerne désormais aussi les nouvelles technologies militaires, dont la rapidité d’évolution peut dépasser celle des mécanismes juridiques et politiques chargés de les encadrer. À mesure que les capacités de destruction évoluent, les mécanismes de prévention, de contrôle et de responsabilité doivent évoluer avec elles.
Le désarmement ne signifie pas que les États doivent renoncer aux moyens nécessaires à leur défense. Il impose cependant de distinguer la sécurité nécessaire de l’accumulation susceptible d’accroître la méfiance, les risques d’escalade et la possibilité d’une destruction incontrôlable. Lorsqu’une logique de puissance alimente une logique de surenchère, chacun peut chercher à renforcer sa sécurité tout en contribuant à rendre l’environnement collectif plus dangereux.
Cette tension ne concerne pas uniquement les relations entre États. Ses conséquences se manifestent directement dans la vie des populations. La violence armée déplace les familles, interrompt la scolarité, détruit les moyens de subsistance, dégrade les systèmes de santé, fragilise les institutions et réduit les possibilités économiques. Même après la fin des combats, la présence d’armes, de munitions ou d’explosifs peut continuer à peser sur la reconstruction et sur le retour à une vie normale. Une société peut perdre en quelques semaines des capacités humaines, économiques et institutionnelles qu’elle a mis plusieurs décennies à construire.
C’est pourquoi l’Association Mondiale pour le Développement considère que le désarmement doit également être pensé comme une question de développement. Chaque école détruite, chaque exploitation abandonnée, chaque entreprise fermée, chaque service public interrompu et chaque population déplacée représente une rupture dans la trajectoire de développement d’un territoire. Prévenir les conflits et réduire les risques liés aux armements, c’est donc aussi protéger les investissements, les compétences et les perspectives qui permettent aux communautés de construire leur avenir.
La question des ressources appelle la même lucidité. Il serait irréaliste d’opposer mécaniquement les besoins de défense aux besoins sociaux : les États doivent pouvoir assurer leur sécurité. Mais les choix consacrés aux armements s’inscrivent toujours dans des arbitrages plus larges. Lorsque les ressources sont limitées, leur allocation engage également la capacité à financer l’éducation, la santé, les infrastructures, l’emploi, la protection sociale et la résilience des territoires. La sécurité d’une population dépend de sa protection contre les menaces extérieures, mais aussi de la solidité des conditions dans lesquelles elle vit.
Pour l’AMD, une politique internationale crédible de désarmement doit ainsi reposer sur trois responsabilités complémentaires : prévenir l’escalade avant qu’elle ne devienne incontrôlable, maîtriser la circulation et l’évolution des armements, et protéger les capacités de développement que la violence armée menace directement. Cette approche exige des mécanismes de dialogue, de transparence et de vérification suffisamment solides pour réduire la méfiance et permettre aux engagements internationaux de produire des effets réels.
Elle appelle aussi une responsabilité partagée. Les États doivent respecter leurs engagements et renforcer la maîtrise des transferts d’armes. Les organisations internationales doivent préserver les espaces de négociation et accompagner la construction de normes adaptées aux risques émergents. Les acteurs économiques et technologiques doivent répondre des conséquences de leurs activités. La société civile, les chercheurs et les communautés concernées doivent pouvoir contribuer à rendre visibles les conséquences humaines et sociales de l’armement.
Le désarmement ne peut donc être réduit à une question technique réservée aux spécialistes de la sécurité. Il touche à la paix, à la gouvernance, aux ressources publiques, à la protection des populations et à la possibilité même de poursuivre un développement durable. La sécurité véritable ne consiste pas seulement à disposer de moyens pour répondre à la violence ; elle consiste aussi à créer les conditions qui rendent cette violence moins probable, moins accessible et moins destructrice.
En cette Semaine du désarmement, l’Association Mondiale pour le Développement appelle à renforcer la coopération, la maîtrise responsable des armements, la prévention de leur circulation illicite et l’encadrement des nouvelles capacités militaires. Notre génération ne peut accepter que les progrès technologiques augmentent continuellement le pouvoir de détruire sans renforcer avec la même détermination notre capacité collective à prévenir cette destruction.
Le désarmement ne consiste pas seulement à réduire le nombre d’armes. Il consiste à réduire la capacité des conflits à confisquer l’avenir des peuples.
Prévenir l’escalade, maîtriser les armements et préserver les capacités de développement, c’est faire de la sécurité non plus seulement une protection contre la menace, mais une condition durable permettant aux peuples et aux communautés de construire leur avenir.
Fait à l’occasion de la Semaine du désarmement,
28 octobre 2026
Président exécutif
Hugues B. GNIMADI
Association Mondiale pour le Développement — AMD
Œuvrons pour le développement durable des peuples et des communautés